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" Peu Importe Mon Nom "



 
-  Carnet de Pondragon  -

Loredas, 16e Jour de Clairciel, 2 E 579.

Le Jour des Coeurs devait être une fête pour tous les villageois, il s'est transformé en cauchemar pour les Lylvieve.
Peu avant midi, le fils Horgeir est entré en furie dans l'Auberge, et a crié que les Trolls avaient attaqué la famille Lylvieve, partie à la corvée de bois à l'ouest du village.

Heureusement, il y avait ce Guerrier présent depuis la veille, un Nordique à la carrure massive. Il était attablé devant un pichet d'hydromel, en train de fumer. Il n'avait guère causé depuis son arrivée, mais il portait le Haubert Blanc aux deux Loups, celui qu'on avait déjà vu plusieurs fois au village ces dernières années. On n'avait jamais eu à s'en plaindre, à chaque fois ces gens payaient leur dû, et ils rendaient même service à l'occasion.

L'Homme s'est levé sans un mot, a pris son bouclier et ses deux haches, et il est sorti aussi sec.

Il est revenu deux heures après, portant un enfant dans chaque bras. Dans l'un la petite Heij qui sanglotait et tremblait de partout. Dans l'autre le corps fracassé de son jeune frère. Pour lui, il était arrivé trop tard. La mère de leur mère y est restée aussi. 
Le Guerrier a dit que les Trolls ne tueraient plus jamais personne.

Eir est restée digne, malgré la souffrance visible dans ses yeux. Elle a encaissé le coup en silence durant un long moment, puis elle a fini par s'adresser à l'étranger, le remerciant longuement et lui demandant d'accepter quelques pièces pour avoir sauvé sa fille. Il les a prises et s'est préparé à quitter Pondragon.

Les Lylvieve ont insisté pour savoir comment s'appelait leur sauveur, mais il a juste dit  " Peu importe mon Nom ", avant de s'éloigner.

La Journée s'est finie dans les prières à l'Auberge où j'ai offert le gite comme le veut la tradition du Jour des Coeurs. Mais c'est un Jour de malheur.
 
                                                                                                                               -  Faida  -



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-  Livre de Vie de Zenhyr  - 


Tirdas, 1er Jour d'Ondepluie, 2 E 584  -

J'ai tout laissé derrière moi, Coeurébène et ses soucis, ma vie passée dont je ne veux plus jamais parler. Une nouvelle existence commence en débarquant ici à Solitude, au bout du monde. Quel dépaysement en découvrant l'extrême Nord de Bordeciel ! Et quel Froid aussi, je suis transi depuis deux jours.
Je me suis installé à l'Auberge du Ragnard, grâce à mes économies. Le plus dur commence à présent, choisir que faire de ma nouvelle vie.


Fredas, 4e Jour d'Ondepluie.

Il y a un groupe d'Aventuriers qui possède une demeure en ville, j'ai pu observer quelques allées et venues vers leur modeste maison. J'ai questionné le Tavernier, et il s'est montré très enthousiaste et prolifique sur le sujet. Il s'agit d'une sorte de Guilde d'Aventuriers indépendants, des gens bien selon lui, qui oeuvrent à aider quiconque est dans le besoin. J'aimerais vraiment en savoir plus à leur sujet. S'ils pouvaient avoir besoin d'un Archiviste cela me conviendrait tout à fait. Je veux faire le bien, mais je ne suis pas un Guerrier, et je ne sais malheureusement pas me battre.

Je suis allé frapper à leur porte. Il y a un emblême cloué sur le montant, deux têtes de Loups dos à dos. C'est une demeure peu confortable à vrai dire, qui ne comporte que deux pièces. Une de vie commune où s'entassent de nombreuses armes et armures, et une autre plus petite avec quelques paillasses. Il y avait là un vieux Guerrier Nordique boiteux pas très agréable, un Argonien bien plus aimable et plutôt facétieux, et une Elfe des Bois assez taciturne qui semblait préparer son sac pour un long voyage. J'ai proposé mes services en tant qu'Archiviste pour leur Compagnie. Ils ont refusé tout net, mais comme j'ai lourdement insisté, ils ont fini par me dire de repasser lorsqu'un Gardien de L'Esprit sera de passage. Je suppose qu'il s'agit de leur Chef.

 


Morndas, 28e jour d'Ondepluie.

Après des semaines d'attente, j'ai enfin pu rencontrer un de leur Chefs. Cela tombe bien, car je n'ai presque plus d'argent en poche. Nous avons longuement discuté. Au début l'Homme ne voulait rien entendre, il répétait sans cesse qu'ils n'avaient besoin de personne, qu'il était inutile d'archiver quoi que ce soit. J'ai tellement insisté, argumentant qu'il était indispensable qu'ils gardent une trace écrite de leur histoire, qu'il a fini par accepter, non sans m'avoir auparavant fait jurer solennellement que mes écrits devraient strictement rester au sein de la Guilde.

Me voici embauché dans La Compagnie de Solitude en tant qu'Archiviste !

                                                                                         -  Zenhyr  -
 

 
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-  Archives de La Compagnie  - 

Fredas, 14e Jour de Vifazur, 2 E 584.

Cela fait bientôt quatre mois que je questionne tout le monde en ville : au marché, au Palais bleu, à l'Académie des Bardes, à  l'auberge, et même le Forgeron !
Au début personne ne voulait vraiment me parler, j'étais un inconnu pour les Gens d'ici qui restent méfiants envers les étrangers, même s'ils sont habitués à voir de nombreux voyageurs de toutes races. Et puis, au fil de jours, j'ai gagné leur confiance et les langues se sont déliées peu à peu. A vrai dire surtout à partir du jour où j'ai arboré fièrement mon Tabard aux deux Loups !



Je suis à présent en mesure d'établir l'Histoire de La Compagnie.

- La Compagnie de Solitude a été fondée en 2 E 434 ou 435. Il y a eu davantage de voyageurs arrivant par voie de mer à partir de l'effondrement de l'Empire Colovien, en 2 E 430, et de la période de troubles qui s'en est suivie. L'Auberge était toujours pleine à craquer à l'époque.
Certains Aventuriers de passage ont fini par se regrouper naturellement car ils partageaient les mêmes valeurs.
Leur philosophie basique et droite était de gagner juste ce qu'il fallait d'or pour subvenir à leurs besoins, nourriture et équipement, et de prêter leur force pour faire le Bien.
Ils étaient peu nombreux à l'époque, mais se gardèrent bien de s'unir aux Aventuriers peu scrupuleux.
Ils fondèrent donc leur Compagnie et vécurent durant plusieurs années à l'Auberge.

- Ils choisirent pour Emblème le Loup de Solitude, mais avec deux Loups dos à dos, se protégeant mutuellement.

- Je ne sais pas pourquoi ils choisirent ce nom pour la Guilde. Au delà de la logique évidente des termes choisis, il y a cet oxymore éclatant dans la phrase, ce n'est sans doute pas un hasard. Je pense que cette ambiguïté est toujours présente. Ils sont là, toujours prêts les uns pour les autres, tout en étant souvent appelés à être isolés de par la lutte qu'ils ont choisi.

- Durant les premiers mois, ils furent considérés comme un simple rassemblement de Mercenaires, et pas forcément bien vus par les habitants de Solitude. Mais cela changea assez vite, car toutes les rumeurs les concernant étaient positives et les témoignages par la suite furent tous élogieux.
Ils n'étaient certes pas des enfants de coeur. Ils accomplissaient diverses quêtes, se faisaient souvent payer pour celles-ci à hauteur de leur travail. Mais ils prêtaient toujours main forte au pauvre, et accomplissaient maints exploits qui soulageaient bien des gens.

- Les Années passèrent, les Compagnons se succédèrent, mais l'Esprit resta toujours le même.
La réputation de La Compagnie dépassa les frontières d'Haafingar et devint telle qu'en 2 E 495 le Jarl Kraldër souhaita les honorer en les recevant afin de leur offrir le Fort de Solitude, inoccupé depuis plusieurs années. Une grande réception fut organisée, plus de la moitié de la ville étant invitée.
Mais aucun membre de La Compagnie ne se présenta au Palais Bleu. Non pas par suffisance, mais car aucun ne recherchait un quelconque honneur. Le Jarl se mit dans une colère noire, et jura ne plus jamais vouloir entendre parler d'eux. Il ne les poursuivit cependant pas, ses conseillers insistant sur la protection qu'apportait La Compagnie à la population de la Châtellerie, alors que la Garde ne protégeait que Solitude.

- En 2 E 509, le Fils de Kraldër remplaça son père à la mort de celui-ci. Une de ses premières actions fut d'aller trouver les gens de La Compagnie, et de leur remettre en toute simplicité la clé de l'ancienne boutique d'alchimie, inoccupée depuis la mort de la vieille Freya. C'était une demeure on ne peut plus modeste, vieille et mal entretenue. Les Compagnons acceptèrent, et occupent depuis lors la maison qui est devenue leur siège. Contrairement à son père, le Jarl avait tout compris de l'Esprit qui animait les Aventuriers.

- Ces dernières années, la Guerre civile qui fait rage en Cyrodiil a poussé Les Compagnons à s'aventurer au delà des frontières de Bordeciel. Les absences sont de plus en plus prolongées. Certains oeuvrent encore en Haafingar pour protéger la population locale, d'autres en différents endroits de Tamriel. Parfois seuls, parfois en petits groupes, parfois tous unis.

- Solitude reste le siège de La Compagnie, où Rog le Nordique, Coeur-Droit l'Argonienne et Zenhyr l'Elfe Noir sont toujours présents pour accueillir les nouvelles recrues, ou restaurer chaque Compagnon de passage. Régulièrement, des retours se font, pour quelques jours de repos, la réparation ou la confection d'un nouvel équipement à la Forge.

- Il n'y a que très peu de traces au sujet des noms des Chefs qui ont mené La Compagnie, ce qui est vraiment très étonnant. Ils se sont toujours fait appeler les Gardiens de L'Esprit, mais à part Taldic en 474 et Vinesä en 535, aucun nom n'a traversé les années. C'est pour dire, je ne connais même pas celui des Gardiens actuels !

J'ai bien compris maintenant que la Simplicité et l'Humilité sont deux valeurs fondamentales de La Compagnie, comme l'indique notre Devise.

 
                                                                           -  Zenhyr  -