[Concours de l'explorateur #8] Riff-Raph

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Le blizzard souffle et la neige s'accumule sur le toit du manoir de la Compagnie de Solitude. Dans une atmosphère intérieure beaucoup plus chaleureuse, presque tout les Compagnons sont exceptionnellement présents et célèbrent leur dernière victoire en laissant chacun exprimer, à grand renforts de gestes, sa vision de la dernière bataille.
Les élucubrations des Compagnons s'interrompent lorsqu'un Nordique, après avoir tambouriné à porte, entre et s'effondre essoufflé.
"Compagnons... Je vous en prie... L'un d'entre vous... Sera-t-il assez brave pour m'aider ?"
Alors qu'ils échangent des regards interloqués, les Compagnons se retournent vers l'homme pour lui demander plus de précisions, mais ce dernier s'est évaporé, laissant simplement au sol une étoffe faite d'un tissu inconnu...




 
Pfffffoufff !

 - N’y touchez surtout pas !vous n’avez pas idée de ce  que c’est ! 

Thannar Rhaman, venait de sortir de l’obscurité sans que personne ne se fusse même aperçu de sa disparition.

 -  Tu vas peut-être pouvoir nous éclairer alors, beau ténébreux ?? , Railla Skin mc Danna, avec son sourire goguenard habituel.
 -  Eh bien, hésita Thannar, cet objet est sacré et…sacrilège… C’est la Mantille de la mère de la nuit ! …»

Un frisson parcouru l’assemblée

 - le voile daedrique, poursuivit Thannar, avec lequel Sithis recouvrit le visage de la mère de la nuit au soir de son acte infanticide insensé ,pour apaiser le chagrin de mère dépossédée dont elle fut submergée. On raconte que jamais plus elle ne l’ôta, et que c’est ce voile qui lui permet de susurrer à l’Oreille noire, même par-delà le trépas.
 - Ah bin tiens, railla skin derechef, et comment sait tu celas, toi  hein ? Ce sont les affaires de la confrérie noire ca non ?
 - Je le sais parce que c’est moi qui ai retiré cette étoffe de son visage!



 
 
Un vent glacial s’engouffra par l’entrée restée grande  ouverte. Tous les compagnons sidérés restaient suspendus aux lèvres de Thannar.D’ une foulée souple, il s’avança dans le vestibule, jeta un coup d’œil circulaire et acéré sur la lande alentour, à travers l’encablure,puis il ferma la porte et revint devant l’âtre crépitant.
 
 - Ce Nordique apeuré, dit-il en regardant fixement le carré de toile resté a terre,c’est mon frère noir  Kor…
Je n’ai jamais caché a votre connaissance, Compagnons, mon parcours initiatique au sein de la Confrérie noire, et vous me jugerai plus tard si vous le désirez. Et d’ ailleurs, je me souviens même d’avoir croisé certains d’ entre vous au Sanctuaire de la Côte d’ Or, mais là n’est pas le propos.
C'est dans ce même sanctuaire que commence mon récit.Un matin,, alors que je rentrais fraîchement du sanctuaire de Xith-Izkul  a Boisnoir. la matrone en charge Astara Caerellius, me fit mander.A l’ abri des oreilles indiscrètes,noires ou pas, elle me confia ses inquiétudes et une mission, de la plus haute importance, sur la réussite de laquelle pourrait reposer le fondement même de la Confrérie tout entière.

Le visage d’Astara était grave et fermé (comme d’accoutumée ?).Elle m’exposa les faits : la guerre des trois factions  faisait rage, Les soldats du domaine Aldmeri et de la reine Ayrenn avaient marché sur le  sud de Cyrodiil  et pris le contrôle de la ville de Bravil, a quelques galops seulement, du  camp de base de la porte d’Elsweyr Est.

Nul frère dans la confrérie n’ignorait  que cette cité fût pendant près de deux siècles le siège du pouvoir de la Confrérie Noire, et que dans ses fondations se trouvait le Sanctuaire originel,  la Crypte ou reposait la dépouille de La mère de la nuit, et avec elle de puissants artefacts deadriques

Les espions de la Confrérie en faction dans la cité, rapportaient qu’un raid de mercenaires sous les ordres de Javad Tharn avait dérobé des reliques dans la ville sans que l’on ne sache vraiment lesquelles.

Ma mission était la suivante, rejoindre Bravil, et pénétrer dans la crypte de la mère de la Nuit.. Si des artefacts, y compris la dépouille avaient été volés, je devais les retrouver, et après, ou s’ils étaient encore en place, je devais les transporter en lieux sur, dans un sanctuaire nouveau et secret de Bordeciel.Ces reliques ne devait pas disparaître ou tomber dans des mains ennemies.
 
Langue verte venimeuse, pour le savoir, et Kor pour les muscles m’accompagneraient. Une fois tous les documents en main, nous partîmes à cheval dans la journée même pour Kavatch ou nous achetâmes des provisions et de l’équipement, puis nous ralliâmes Rimmen dans la région d’Anequina en Elsweyr, et enfin à la nuit tombée,  le Col de Jone.

Là, nous attendait, dans la colonie  Baandarri, un passeur Kahjiit du nom de Qa’Zhama recruté par la Confrérie.Une fois les présentations faites, et après une bonne nuit de repos, nous empruntâmes a pied des sentiers de montagnes rocailleux et escarpés, pour atteindre, plus bas dans la vallée, le petit lac Larsius a la source de la rivière éponyme. Sur ses eaux mouillait un frêle esquif de commerce à bord duquel  Qa’Zhama nous fît embarquer. Amarres larguées, nous suivîmes  ensuite le cours, de la rivière, en nous laissant porter par le courant, traversant ainsi la frontière de Cyrodiil et les lignes Aldemri, en toute discrétion, tout en écoutant Langue verte nous donner des détails sur l' accès au sanctuaire et et des précisons sur les artefacts qui devaient s' y trouver.Du moins nous l' ésperions. 

A l’aube du troisième jour de notre périple, nous atteignîmes notre destination : à l’embouchure de la rivière Larsius et de la baie du Nibenay se dressait devant nous les remparts de la cité de Bravil.





 
Qua’Zhama nous attendrai  un peu à haut sur la rivière dans une petite crique l' écart de la ville, prêt a naviguer jusqu’ à la cité impériale, une fois que nous serions  revenus avec "la marchandise ».

Nous entrâmes  par la porte Sud de Bravil, pour découvrir une cité délabrée et malfamée, emplie de vagabonds, de tire-laines et de mercenaires hirsutes, qui nous regardaient passer d’un œil mauvais. L’air ambiants était nauséabond, écœurant  mélange d’odeurs de  latrines et de vase des canaux qui séparait les quartiers. Les rues étaient jonchées de détritus, et de restes divers

 - Par les os de Shor ! Il ne manque que la peste Knahaten  ici ! » grommela Kor, le visage à moitié enfoui dans le creux de son coude.

Concentré sur notre objectif, je pressais Langue Verte de trouver l’entrée du Sanctuaire Originel. Nous remontâmes prestement les rues jusque dans le Quartier Ouest, passâmes devant  la chapelle-cathédrale de Mara en direction du Nord et. Enfin alors que nous enjambions un pont, l’Argonien désigna de son doigt écailleux une statue imposante sise au milieu d’une place de verdure mal entretenue «  C’est là, dit-–il, juste sous  la  dame innocente, faites le guet, je vais ouvrir l’entrée... »


Langue verte venimeuse sortie alors de son sac, un étrange  poignard en pierre enveloppé dans un chiffon et plaça le manche de l’arme dans la main fermée en pot de la statue  Le bras d’albâtre s’abaissât, imperceptiblement et un cliquetis libérateur résonna dans le socle.Pas si innocente que ça la Dame.Dans un raclement de pierre guttural une porte épaisse se découpa d’ abord,  en se décalant de quelques dizaines de centimètres du massif, puis en pivotant sans effort sur des gonds apparemment bien huilés. Nous jetâmes un coup d’œil dans l’ouverture : Un long volée de marches de pierre s’enfonçait dans les ténèbres, et un air vicié et rance nous montât jusqu’ au nez.

.« Suivez-moi mes frères, lança langue verte enjoué, en passant le chambranle, nous avons rendez-vous avec la patronne ! »
 
Une fois à l’intérieur nous actionnâmes un levier sur le mur et aussitôt la lourde porte se referma.Dans l' obscurité nous allumâmes nos torche.Langue verte sorti lui une lanterne, que j’avais déjà vue auparavant, et embrasa la mèche avec un briquet d' amadou.Une fumée bizarre et opaque au parfum âcre de caramel brûlé s’en exhala aussitôt

 - Tu nous empestes avec ta fumée, pourquoi a tu sorti ce machin ? demandai-je agacé.
 - Croyez-vous  que le sanctuaire de la mère de la nuit eut  été laissé à l’abandon, par la confrérie sans la moindre protection ? rétorqua l’écaille sombre, ce « machin » et notre sauf conduit, notre laissez-passer auprès du  gardien noir qui hante les lieux, et croyez-moi vous ne voulez pas avoir affaire à lui.

Sur ces propos peu rassurant nous descendîmes les marches de pierres et traversâmes un vaste hall d’entrée peu rassurant également. Éclairés par une raie de lumière naturelle qui s’échappait d’une fissure dans la roche, on distinguait nettement, suspendus  à la voûte du plafond par des corsets de fer, les cadavres grimaçants et putréfiés, de dizaines  d' ennemis de la confrérie.


Nous suivîmes ensuite  langue verte à travers un vaste dédale de salles et de couloirs .Dans le Sanctuaire tout était encore en place : des bibliothèques remplies de livres, des autels, des statues,  des ateliers d’alchimie, des armes, des vêtements sur des chaises, des tables dréssées avec de la vaisselle et bien d’autres vestiges, intacts, comme figés par le temps. S’il n’y avait pas eu l’obscurité, la poussière et les toiles d’araignées qui recouvraient le tout, on, aurait pu penser qu’il y avait encore une forte activité  dans cet endroit. Aucune trace de pillage apparent. 

 - Ha ah ! marmonna langue verte, la lanterne toujours tendue au-dessus de sa tête, il nous suffit de suivre tes pas, vieux débris!

Nous échangeâmes un regard interloqué avec Kor.

-  A qui parles-t-il ? demanda  le nordique à voix basse, plus inquiet pour l' Argonnien que pour lui-même.
 - je préfère ne pas le savoir, répondis-je, en découvrant effectivement, sur le sol devant nous, d’énormes traces de bottes trainantes dans la poussière.

Au bout du sanctuaire un passage vouté s’enfonçait encore un peu plus dans les profondeurs, et l’air devient plus frais au fur et à mesure que nous avançâmes. Nous perçûmes crescendo, le bruit d’un tumulte, d’eau, de rivière souterraine, Et enfin, au détour d’un couloir, nous pénétrâmes dans une immense crypte baignée d’une lumière rouge diffuse et ceinte de bassins en eaux.

 - Recueillez-vous mes frères, dit solennellement langue-verte, car nous voici a présent dans le sépulcre rouge !

Nous restâmes un moment-là comme tétanisés par l’atmosphère sacro-mystique (daedrique ?) qui émanait de cet endroit. Entre les quatre énormes piliers de la crypte, surplombant un bassin scintillant, se dressait un lourd tombeau de pierre, de plusieurs mètres de haut scellé  par une  stèle de roche noire gravée de bas-reliefs, qui remarquai-je, avait ensuite servit de modèle aux portails  enchantés qui  mènent aux Sanctuaires de la Confrérie Noire. Encore au-dessus de la stèle, en suspension dans l’air,  juste devant devant un grand Vitrail-rosace, une sphère de liquide couleur rubis tournoyait en vrombissant et déversait une énergie organique qui enserrait la Sépulture tout entière.

 - C’est un Hélote hémo, une  magie du sang des plus puissantes, commenta Langue-verte comme  s’il lisait dans mes pensées, allons pressez-vous de remplir la mission, sa présence ici ne m’enchante guerre, ajouta t’il en retournant  sa lanterne dont le hâlo éclaira le  recoin de la crypte.

J'y porta le regard. Les grosses traces de bottes que nous avions suivies s’arrêtaient à un  fauteuil de bois massif vermoulu, rembourré d’étoffe pourpre, et sur lequel était assis un cadavre desséché mais intact, à la stature colossale. Simplement vêtu d’une armure de cuir impériale estampillée d’empreintes de main noire, et visiblement dépourvu d’armes, il observait, immobile a tout jamais, la scène funébre de ses yeux gris et sans vie, encadrés de cheveux long sombres et épais.

 - La mission ! siffla langue-verte

Kor s’avança dans le bassin et, marcha dans l’eau. Il  éclaira l’autel à la base du sarcophage avec sa torche.

 - Je ne crois pas que quoi que ce soit ai disparu, dit-il d’un ton soulagé.

A chaque angle du catafalque  était disposées quatre petites momies, sans doute des enfants, enserrées dans des linceuls grossiers avec des cordelettes, et partout autour des objets de rituels et de culte, des reliquaires, un livre de cuir noir épais orné d’or.

 - La Dague et le livre ! lança langue verte toujours à l’entrée du tombeau, comme s’il avait eu  peur d’avancer plus.

Posé au sol Juste devant nous, planté dans un crâne humain aux orbites garnies d’émeraudes, il y avait un court poignard a lame triangulaire, avec une  garde en croissant de lune, et un manche enroulé d’un cordon de cuir fin. Un symbole ø ornait son pommeau. Kor  retira l’arme de son « fourreau »d’un geste sec. Une lueur orange métallique, parcouru subrepticement la lame dans la pénombre. Il me  tendit la dague et  Je le rangeais dans ma besace. Nous prîmes ensuite le livre, le crâne, et quelques objets de valeurs, historique bien sûr.


 - Et pour la dépouille ? dis Kor, exprimant à voix haute, ce que  personne n’osait encore demander.
 - Je ne sais pas trop, hésita langue-verte  en fixant intensément les volutes de fumée de sa lanterne , je ne crois pas que …
  - Il faut au moins que l’on sache si elle toujours là non ? C’est la mission ! Kor aide moi ! décidai-je.

Nous fîmes le tour du mausaulée pour venir prendre appui avec nos deux mains sur le haut de la Stèle-couvercle.

 - La Mantille, il me la faut ! me chuchota soudain Kor à l’oreille
 - qu-quoi ?!
 -  Le voile, dont nous a parlé langue verte venimeuse dans le bateau, tu sais, je crois que j’en ai besoin, c’est pour Hildegarde, s’il te plaît mon frère …

Je me tû, peu sur de ma réponse, et nous commençâmes à pousser la stèle de toutes nos forces en nous arc- boutant dessus. La lourde plaque de roche entama progressivement un lent ripage et après quelques dizaines de centimètres, nous nous arrêtâmes pour raffermir notre prise .La lueur de l'hélote au-dessus de nos têtes vacilla quelques secondes, puis repris son éclat,  éclairant  par l’ouverture, l’intérieur de la tombe. Kor et moi  y portâmes simultanément le regard.

 - Alors ? lança Langue-verte inquiet à l’autre bout de la pièce
 - Elle…elle. Dis-je dans un état presque second, elle est là.
Bien éclairés de rouge, on voyait nettement dans la sépulture le haut d’un corps de femme frêle drapé d’un suaire, et qui serrai contre sa poitrine avec ces deux mains décharnées un cinquième enfant-momie.

Reposant sur un coussin, sa tête menue était coiffée de cheveux courts et flanquée d’oreilles pointues.

Effectivement, une mantille de soie fine couronnait le haut du crâne et descendait sur le visage, le recouvrant jusque sous le menton. A travers l’étoffe étrange tissée d’un point si fin et si ouvragé que l’on aurait dit une peau naturelle, on devinait un visage diaphane, aux traits harmonieux et réguliers d’une grande beauté, avec une expression d’apaisement intense, presque de félicité.

Comme hypnotisé, et sans trop savoir pourquoi, je tendis la main dans la sépulture, me saisis du voile et tira dessus. Alors dans une vibration assourdissante l’ Hélote commença a tourner de plus en plus vite et à briller comme une nova.La lumière devint incandescente, blanche et aveuglante.

Et alors, j’ai vu le visage nu de la mère de la nuit, si doux quelques instants auparavant  se distordre en un fasciés grimaçant et déchirant. J’ai vu, compagnons, comme je vous vois, ses deux yeux rouges s’ouvrir, emplis de chagrin et de fureur meurtrière, me regarder fixement. Il n’est pas beaucoup de nuits Compagnons ou ce regard ne vienne pas me hanter.

Et puis, en un souffle d’air tout s’éteignit, les yeux, l’ hélote, les bougies, nos torches, tout. Tout sauf la Lanterne de langue verte qui brillait près de l’entrée de son éclat brunâtre, tel un phare dans la nuit.


 - Non, non, ce n’est pas bon, maugréa ce dernier, que s’est-il  passé ?
 - Mais heu ,rien du tout menti-je, en redescendant prestement du catafalque.

Nous entendîmes un fracas d’eau qui s’écoulait et qui résonnait un peu partout dans le caveau . Langue verte éclaira rapidement les côtés de la  crypte et nous vîmes jaillissant de bouches de conduites forcées affleurant les murs, des geysers tumultueux se déverser dans les bassins qui débordaient déjà. Langue verte fit volte-face et éclaira l’autre côté.
 
- Non, non, non, par l’ Hyst ce n’est pas bon du tout du tout

A l’arrière du Sépulcre, dans le recoin, le grand fauteuil de bois était à présent vide et commençait à flotter.
 
- FUYEZ PAUVRES FOUS ! hurla l’écaille-sombre en s’engouffrant dans le couloir, sa voix d’ Argonnien résonnant tel c’elle d’un dément entre les murs.

L’eau était montée si vite, jusqu’à notre taille que nous avions du mal courir avec kor, mais nous progressâmes tant bien que mal en direction de la lanterne de Langue verte.
 Derrière nous c’était sûr on entendait le clapotis de quelque chose d’énorme qui nous avait emboité le pas. Je risquais un regard par-dessus mon épaule et je crus voir la  masse sombre du gardien noir qui filait dans l’eau à notre poursuite, les bras tendus vers nous.

Nous rejoignîmes langue verte et remontâmes tous trois, à toutes jambes la pente du couloir vouté, alors que la Crypte était à présent complètement inondée. Nous fîmes le chemin à l’ envers et en courant comme si Valkyn Scoria en personne avait mit le feu à nos braies. Nous repassâmes dans les salles, le hall, et l’escalier en haut duquel. J’actionnai, le souffle court le levier dans le mur pour qu’enfin l’astre solaire nous caressât de ces rayons divins à travers le vantail de pierre qui s’ouvrit sur la puanteur de la ville.
Langue verte récupéra sa dague de pierre de la main de la Dame innocente et l’entrée du sanctuaire se refermât. Nous regagnâmes prestement et  sans échanger un mot, la porte Sud de la ville, puis en longeant la Berge vers l’ Ouest, la crique marchande ou nous avions rendez-vous avec notre passeur. Mais là une désagréable surprise nous attendait

-Furtivité , ordonnai-je à voix basse à mes deux frères noirs, qui s’éxecutèrent.je m’approchait du bateau en me fondant dans l’ombre du flanc de berge.

Un homme encapuchonné et une femme en armure légère, se tenaient debout, lourdement armés,  le cadavre inanimé de Qa’ zama gisait à leur pieds. Un troisième larron, un archer de précision se tenait un peu en arrière au bord de l’eau, les bras  croisés. Je  reconnu immédiatement leurs oripeaux de cuir taupe et d’acier bleuté.

-La Morag Tong,  prévins-je  à l’endroit de mes comparses en utilisant le langage des signes de la Confrérie, puis je tendis l’oreille pour écouter leurs propos
 
- Ce sac à puces est mort sans cracher le morceau rugit alors la femme en décochant un coup de pied à ce pauvre Qa’ inerte, nous ne sommes mêmes pas sûr qu’ils reviennent.
 
-  Nos espions de Bravil sont formels, repris l’homme à la capuche, ils sont dans le Sépulcre, calmes toi, ils vont revenir. Nous les cueillerons à leurs retour, et  si Sythis le veux, le Rasoir sera à nous, mais il faut être patients.
 
-Tu as raison, cette attente me rend nerveuse, et je perds mon sang-froid. Viens allons balancer cette carpette plus loin dans la rivière. Kargh, embusque toi derrière ces caisses et si quelque’ un arrive mets lui une flèche dans l’œil. Dépêchons nous, il ne faudrait pas qu’il nous tombe dessus, il parait que ce ne sont pas des eunuques de Dibella ces trois-là.


 
Ils se retournèrent tous  trois ensemble dans ma directions les armes à la main, et je pensais un instant qu’ils m’avaient repéré. Puis ils s’en furent, chacun suivant  le plan.
 
Je revins vers mes confrères et nous nous éloignâmes rapidement de la crique.

-Voici ce que nous allons faire, proposais-je, trois contre trois se serai du gâteau du jubilé mais nous n’allons pas prendre de risques avec les reliques en notre possession et La Morag Tong à nos trousses, Kor tu vas te rendre d’abord à Cheydinahl au nord est de la cité impériale, au Quartier-sanctuaire de la Confrérie. Tu y trouveras le soutien nécessaire pour organiser ton voyage vers  Aubetoile ou tu devras  déposer les reliques, dans le nouveau sanctuaire. Tiens les voici, luis dis-je en lui tendant ma besace.

Langue verte et moi  allons attendre une heure que tu sois assez loin pour régler leur comptes à ces chiens de la Morag-Tong, et essayer de les faire parler.Puis nous nous en retournerons au sanctuaire de la Côte d’ or pour informer la Matrone des événements Rejoins-nous-y dès que tu auras accompli ta tâche. Est-ce bien compris ?
-Que Shor nous protège, lança Kor en enfilant la besace sur son dos
- Ah et ne perds pas le mouchoir dans le sac hein ?

Une lueur vive passa dans les yeux de Kor, il nous gratifia d’un salut Nordique, tourna les talons et s’ éloigna  à vive allure.
 
 
 
 
 
Je n’ai plus revu Kor depuis ce jour. Les infos qui me parvenaient du sanctuaire d’Aubetoile attestaient qu’il avait bien rempli sa mission en y déposant les reliques de Bravil, mais après il n’était pas revenu au sanctuaire de la Côte d’ Or, ni lui ni Hildegarde d’ ailleurs qui avait disparue.
Avait-il mené à bien son projet de guérir Hildegarde de la lycanthropie avec la Mantille de Sithis ?

Je fus et je suis encore  en proie au doute quant à ma décision d’avoir cédé le voile à Kor, d’ autant plus que la voix de la mère de la nuit s'était  tue ce jour-là. Les oreilles noires étaient devenues sourde et la Confrérie  cédait la panique, vacillait sur ces fondations, car elle n’était plus en mesure d’honorer le pacte qui la liait à ces clients : le Sacrement noir.

«  C’est sur le chemin ou l’on croit l’éviter que l’on rencontre souvent son destin » pensai-je. Cette catastrophe était mon œuvre, et je n’ai jamais trouvé le courage et l’envie de raconter à la Matrone  Astara, ni à qui que  ce soit d’autres, ce qui s’était passé ce jour-là dans le sépulcre rouge.

Pire encore, je découvrit avec effroi, quelques temps après, qu’un dernier chapitre, dont l’énigme ne pouvait que désigner mon frère Nordique, s’était inscrit dans la Litanie du Sang :

«  De Bordeciel, j’offre le frère  dont l’amour de l’enfant a trahi celui de la mère. Vous le reconnaitrai à ces mains noires et à  ses yeux bleus »

 Kor (mais était-ce bien lui ?) avait visiblement courroucé Sithis et de terribles assassins devaient être à ces trousses. Rongé par la culpabilité et la honte, je songeais sans cesses à  arranger tout cela. Mais pour cela il m’aurait fallu retrouver Kor et la Mantille, or je n’avais absolument aucune idée de l’endroit où ils se trouvaient.

Jusqu’ à aujourd’hui Compagnons.

Thannar sortie sa dague du fourreau (un étrange éclat orange parcouru la lame), se baissa et ramassa avec la pointe de l’arme le carré d’étoffe au motif très finement tissé, puis l’exposa bien haut au regard des Compagnons impressionnés.

 - C' est une grande journée compagnons, mon frère Kor est vivant et je vais réparer mes erreurs! annonça fièrement le voleur, Je retourne à Bravil pour restituer son bien a la Mère de la Nuit ! qui veux m’accompagner ?

Tous les compagnons répondirent présent à l’unisson dans un brouhaha de voix commune, stimulé par le goût de l’aventure, et l’envie d’aider, mais une voix en particulier  recouvrit celle des autre :

- Je vais sans doute me répéter, mais pour cela,  inscrivez-vous sur le registre d’aventures !  clama Ysen Stark.

 
Voilà ainsi s’achève pour moi ce huitième concours de l’explorateur et merci encore à Fali de l’avoir organisé. Je suis bien conscient qu’avec 9 photos et beaucoup trop de lignes je suis  « hors concours », mais ce n’est pas le plus important. Je me suis laissé embarquer par ma propre histoire à laquelle j’ai dû retirer de nombreuse paragraphes
Aujourd’hui encore je pourrai  greffer des dizaines de ramifications possibles que j’ai imaginées. Je n’avais jamais écrit un récit et  se fut une expérience intéressante et plaisante, car au final on vit ce que l’on écrit encore plus que ce que l’on lit.
Enfin je tiens à préciser que le socle de Lore Elder scrolls sur laquelle repose l’histoire a fait de ma part, l’objet de nombreuses recherches sur Internet pour rester véridique et cohérent.
 Ah oui j’oubliais, il manque la dernière épreuve de Fali : donner un nom tout ceci, et bien voilà, j’espère  que vous aurez apprécié d’avoir lu :
 
                               LA MANTILLE  DE  SITHIS 

Distribution :

Thannar Rhaman : Lui-même
Langue Verte Venimeuse : Lui-même
Kor : Urfon Barbe-froide (mon Tank gardien)
Poings-carrés (Le Gardien noir du sépulcre) : Lorédas (Mon impérial  Pvp)
La Morag Tong : La Camonna Tong
La Dame innocente : La Sirène de Cœur-enclume.
Bravil : Elle-même
Le Col de Jone : Suture d’Elsweyr
 
La scène du sépulcre rouge prend place dans les studios Xanmeer de Murkmire et peut se visiter :
@riff-raph visiter la résidence principale : manoir Xan-meer.

Merci encore et vous pouvez à présent, si vous le désirez, poster.
 
 
 
Hello  

Quelle fabuleuse histoire ! Merci d'avoir partagé avec nous un peu la vie de ton / tes personnages. Je trouve toujours tout à fait fascinant de découvrir les histoires qui se cachent derrière nos bouts de pixels car au final c'est ça qui permet de s'évader et de rêver. Excellente idée aussi d'avoir opté pour un flashback, on attend la suite !
Et j'ajouterais, comme par hasard je viens de me lancer (enfin, Lowise, on se comprend) dans les quêtes de la Confrérie noire et du coup ce récit me parle particulièrement. Croiser Kor et les autres... ça prend une autre dimension maintenant

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